Image
Eglise Saint-Aubin

L'église Saint-Aubin

L’église Saint-Aubin est une église catholique paroissiale dont les parties les plus anciennes remontent aux années 1140. Elle fut édifiée vers 1230, au nord de l’église romane primitive, dans le style gothique. Après la guerre de Cent Ans, les premières travées de la double nef ainsi que le portail furent reconstruits dans le style gothique flamboyant.

Son clocher, remarquable par sa silhouette, est surmonté d’une flèche en pierre culminant à 41 mètres de hauteur. Celle-ci a été restaurée en 1906.

L’église Saint-Aubin se distingue notamment par son plan à double vaisseau, ses deux voûtes d’ogives antérieures au milieu du XIIe siècle et son clocher. En raison de son intérêt historique et architectural, elle est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 26 mai 1944.

Aujourd’hui, Saint-Aubin est au cœur de la paroisse « Limay-Vexin », qui regroupe seize communes et dix-huit lieux de culte.

L’ermitage Saint-Sauveur, un autre lieu chargé d’histoire

Au Moyen Âge, l’église Saint-Aubin n’était pas le seul édifice religieux de Limay. L’ermitage Saint-Sauveur, datant du XIVe siècle, était composé de deux parties : la maison du gardien et une chapelle creusée dans la roche.

Pendant plusieurs siècles, des frères ermites y vécurent et veillèrent à l’entretien du site. Selon la tradition, la chapelle aurait été aménagée dans une grotte à la suite de l’arrestation de la « bande de Limay », trois bandits qui terrorisaient la ville et ses environs.

Arrêtés par la garde royale de Charles V, les trois hommes auraient utilisé cette grotte pour dissimuler leur butin. Le lieu fut ensuite transformé en chapelle surplombant la Seine. Sa position offrait un point d’observation privilégié sur le trafic fluvial.

Creusée dans la roche, la chapelle attirait de nombreux pèlerins, notamment le deuxième dimanche de Carême ainsi que le 6 août, jour de la fête de la Transfiguration du Seigneur.

Les frères ermites priaient notamment pour la protection des bateaux et la sécurité de la navigation sur la Seine. La dévotion suscitée par le lieu fut telle que des amateurs d’art de Rouen offrirent une Mise au tombeau composée de personnages en pierre grandeur nature.

Des œuvres de l’ermitage conservées à Saint-Aubin

En 1792, un monument funéraire dédié à Thomas Le Tourneur, secrétaire et conseiller de Charles V, fut donné à l’ermitage Saint-Sauveur. Il y demeura jusqu’en 1911, avant d’être transféré à l’église Saint-Aubin.

Le dernier ermite mourut en 1882. Le maire de Limay de l’époque, M. Adolphe Langlois, nomma alors un gardien. Celui-ci s’installa avec son épouse et ses enfants dans la maison dite « du gardien », où la famille demeura jusqu’en 1911.

À partir de cette date, plusieurs objets précieux et les personnages grandeur nature de la Mise au tombeau furent transférés à l’église Saint-Aubin. Le tombeau de l’ermitage fut détruit, puis la chapelle elle-même disparut en 1964.

Aujourd’hui, plusieurs vestiges de l’ancien ermitage sont conservés dans l’église Saint-Aubin, parmi lesquels le monument funéraire de Thomas Le Tourneur, celui de Jean Chenu, ainsi que quatre personnages en pierre représentant les pèlerins qui se rendaient autrefois à la chapelle.

Un patrimoine toujours à découvrir

L’église Saint-Aubin conserve un mobilier d’une grande richesse. Quatorze éléments sont classés au titre des monuments historiques, parmi lesquels cinq statues et trois monuments funéraires.

L’édifice continue par ailleurs de révéler de nouveaux trésors. Des découvertes récentes ont notamment permis de mettre au jour une toile attribuée à un maître hollandais du XVIe siècle ainsi qu’une pierre hébraïque datant de plus de 1 500 ans.

À travers son architecture, ses œuvres d’art et les vestiges de l’ancien ermitage Saint-Sauveur, l’église Saint-Aubin témoigne ainsi de près de neuf siècles d’histoire limayenne. Elle constitue aujourd’hui encore un lieu majeur du patrimoine culturel et religieux de la commune.

Coordonnées
Eglise St-Aubin
45 rue de l'église
78520
Limay