Bienvenue sur le site de la ville de Limay.
Suite...

Le site d'EDF de Porcheville a un avenir

«Lors de la période de froid que notre pays a traversé ces dernières semaines, la centrale de Porcheville a connu un fonctionnement élevé et continu des ses 4 groupes de production, les plus importants de la région parisienne». Si cette région n'a pas connu de coupure, c'est grâce à cette centrale.
Dans un communiqué de presse, la CGT D'EDF de Porcheville rappelle fort opportunément qu'elle a eu raison de se battre avec le personnel pour le redémarrage en 2008 des 2 groupes de production qui avaient été fermés durant des années et qu'elle a eu raison d'empêcher le «démontage sauvage» des 2 tranches… En effet, la CGT a tout fait pour que la centrale de Porcheville ne disparaisse: elle a même obtenu de nouvelles embauches sur le site.
Concernant le mode de production au fioul du site qui n'est pas exempt de critiques sur le plan environnemental, la CGT propose que les terrains de l'ancienne centrale charbon, rasée en 1986 soient utilisés pour la construction de nouveaux moyens de production modernes (sans amiante) et «propres», c'est à dire le moins polluant possible pour l'environnement. Et le syndicat de proposer une centrale au «charbon propre» ou une centrale à cycle combiné gaz. «C'est, ajoute-t-il, une proposition pour l'avenir industriel, économique, écologique, social et pour le développement de l'emploi sur le site».
La municipalité de Limay ne peut qu'approuver ces revendications qui s'inscrivent dans la défense du secteur public de l'énergie, bien mis à mal par le gouvernement. La ville de Limay avait d'ailleurs soutenu dans les années 90 la proposition visant à implanter sur le terrain de Porcheville A, une usine d'incinération d'ordures ménagères, gérée selon des critères de services publics, permettant de produire de l'électricité en complément de la centrale à fioul. Mais les élus du district de l'époque ont fait le choix de confier la gestion de cette usine au privé.

Aujourd'hui, une autre menace pèse sur le service public d'électricité avec le projet de loi qui obligerait EDF à céder à ses concurrents un quart de sa production issue de son parc nucléaire.

Un projet scandaleux
Le projet de loi pourrait obliger EDF à céder au moins 25% de la production de son parc nucléaire à ses concurrents privés (GDF Suez, Poweo, Direct Énergie…) à prix coûtant. Les usagers et les contribuables qui ont financé les investissements coûteux dans les centrales, qui verraient ainsi spoliés. Les centrales nucléaires ont été payées par les contribuables. Comme l'a fort justement résumé Eric Roulot, Maire adjoint «le parc nucléaire français a été payé par les Français et n'a pas vocation à verser des dividendes aux concurrents d'EDF. Et d'ajouter que si cette loi voit le jour, elle «va provoquer une flambée des prix de l'électricité au détriment des plus modestes et des entreprises déjà fragilisées par la crise».

Une nouvelle étape vers la privatisation
Le gouvernement veut livrer un quart de la production électrique nationale d'EDF aux intérêts privés. C'est ce que révèle une lettre du premier ministre, adressée à la Commissaire européenne en date du 19 septembre 2009. Dans cette missive, le chef du gouvernement décrit précisément une nouvelle organisation du marché de l'électricité (Nome). Cette nouvelle étape dans la libéralisation de ce secteur devrait être franchie avec l'adoption d'une proposition de loi après les élections régionales. Ce projet qui s'appuie sur les exigences de déréglementation formulées par la Commission de Bruxelles constituerait un véritable hold-up au profit des intérêts privés.

La concurrence dans le secteur de l'électricité connaît un bide.
Les concurrents d'EDF constatent que la concurrence ne fonctionne pas. Tout d'abord parce que les français sont restés dans leur grande majorité, fidèles aux tarifs réglementés, et parce que le prix de l'électricité est «trop bas» pour que la concurrence. Le projet de loi vise donc à surenchérir le prix de l'électricité. Or si le prix de l'électricité en France est historiquement faible, c'est en raison du choix qui a été de développer un parc nucléaire qui fournit aujourd'hui 80% de la consommation.
Les français résistent à sortir des prix réglementés.
Sur un total de 29,7 millions de site (foyers et entreprises), seuls 692 000 (dont 386 foyers Limayens) avaient choisi une offre de marché au 31 décembre 2008. Un piètre résultat, qui n'aurait même sans doute jamais été atteint sans la possibilité pour l'usager de revenir au tarif réglementé en cas de mauvaises surprises après avoir tenté sa chance sur le marché.
Au 31 décembre 2007, avant la mise en œuvre de ce droit, le nombre de sites ayant renoncé au tarif réglementé n'était que de 31 000.
Mais attention, les usagers qui ont quitté les tarifs réglementés pour se tourner vers un fournisseur d'électricité du marché ont jusqu'au 30 juin 2010 pour y revenir. Après cette date, ce ne sera plus possible (voir bulletin municipal n°222).

Il faut un pôle public de l'énergie
Tout montre que le secteur dans les mains du privé se préoccupe davantage des investissements financiers au lieu des investissements dans l'outil de production. Ce qui signifie que la concurrence n'est pas capable de garantir la sécurité d'approvisionnement et qu'elle remet en question le droit à l'énergie. C'est la raison pour laquelle il convient de défendre ce secteur public et d'aller vers la création d'un pôle public regroupant l'ensemble de entreprises du secteur de l'énergie, les usagers et les élus locaux dont la maîtrise serait assurée par le Parlement.

Imprimer Envoyer


Haut de page Haut de page